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Le syndrome Brachycéphale

Les brachycéphales sont ces chiens au crâne raccourci et à la face écrasée caractéristiques qui leur donne cet aspect si sympathique et typé : Bulldog anglais, Bouledogue français, Carlin, Shih-tzu, Cavalier King Charles, Pékinois… Cependant, sous un effet de mode, cette anatomie a été accentuée par sélection génétique pour arriver à des individus très marqués (on dit parfois « hypertypés ») et pour lesquels les conséquences cliniques sont inquiétantes. Il en va du léger ronflement à de fortes difficultés respiratoires au moindre effort physique, associé ou non à des vomissements de mousse ou d’aliment.

Entre le Bulldog anglais des combats de taureaux et celui d’aujourd’hui, que s’est-il passé ?... les chiens ont été génétiquement « mis dans des boîtes », ce qui a raccourci leur corps et « plissé » les organes internes et externes, en particulier les organes respiratoires (nez, larynx, voile du palais), les organes digestifs (à l’origine de hernie hiatale, de rétrécissement du pylore), les vertèbres (hernies discales) et la peau (dermites des plis).

Comment se manifeste le syndrome brachycéphale ?

Les chiens atteints de ce syndrome vont présenter des ronflements plus ou moins marqués, des gènes respiratoires pouvant aller jusqu’à la suffocation voire la syncope en cas d’exercice physique. Ceci est dû à un rétrécissement des narines (= sténose) et des plis trop importants au niveau du voile du palais, empêchant l’air de circuler correctement. La langue a parfois également une taille impressionnante par rapport à la taille de la gueule.

Ces signes sont souvent accompagnés de vomissements à cause d’un rétrécissement de l’estomac au niveau du pylore (entre l’œsophage et l’estomac), d’une hernie hiatale (l’estomac passe dans le thorax) ou d’une inflammation chronique de l’œsophage ou de l’estomac.

L’association de troubles respiratoires et digestifs peut entraîner des fausses-routes et des bronchopneumonies.

Un chien qui ronfle, quand bien même c’est un bouledogue, n’est pas dans la normalité. Au fil du temps, cette insuffisance respiratoire provoque une insuffisance cardiaque droite à cause de ce déficit en apport en oxygène. Ces troubles sont très invalidants et peuvent raccourcir l’espérance de vie de ces chiens de moitié. Il n’est pas raisonnable de considérer comme normal un chien qui ne peut pas supporter 10 minutes de course sans être asphyxié.

Que faut-il faire ?

Il faut être rapidement conscient des problèmes respiratoires de son chien et ne pas penser que les troubles vont s’améliorer en grandissant. Sachant que signes respiratoires et signes digestifs sont souvent associés, leur prise en charge globale est envisagée.

Le diagnostic de syndrome brachycéphale est clinique, à partir des éléments que les propriétaires rapportent (fatigue à l’effort, ronflements, vomissements ou régurgitations) et de l’examen clinique pratiqué par le vétérinaire (taille des narines, voile du palais, auscultation respiratoire).

Pour corriger les problèmes, il est nécessaire de faire passer une endoscopie, sous anesthésie générale pour visualiser correctement l’ensemble des défauts morphologiques au niveau de l’appareil respiratoire et de l’appareil digestif et faire le bilan de ce qu’il faut corriger : narines et/ou voile du palais et/ou ventricules du larynx et/ou intervention sur l’estomac.

La plupart du temps, la chirurgie suit l’examen endoscopique. Elle utilise idéalement la technologie laser pour la précision du geste, diminuer les saignements et l’inflammation postopératoire. Elle consiste à couper, désépaissir et enlever la partie du voile du palais qui est trop grande et épaisse pour pouvoir laisser passer l’air (palatoplastie). Certains chirurgiens travaillent également au bistouri électrique en posant ensuite des fils. Ces techniques doivent être pratiquées par des équipes aguerries, possédant du matériel adéquat, du personnel formé et un service de réanimation adapté ; il s’agit le plus souvent d’équipes de spécialistes.

La chirurgie des narines (rhinoplastie) consiste à enlever une partie de la zone centrale des narines pour les agrandir et libérer le passage de l’air.

Il faut intervenir tôt, avant que les effets secondaires du syndrome brachycéphale soient irréversibles : insuffisance cardiaque, obstruction de l’entrée de la trachée, inflammation chronique digestive. Ces effets seront beaucoup plus difficiles à soigner. Certains chiens sont opérés dès l’âge de 4 mois.

Les symptômes digestifs associés sont évalués par l’endoscopie qui permet également de réaliser des biopsies pour cibler les traitements médicaux à mettre en place. Dans les cas de hernie hiatale, celle-ci est corrigée chirurgicalement en fixant l’estomac dans l’abdomen. Le rétrécissement du pylore peut être traité par une dilatation à l’aide de ballonnet lors de l’endoscopie.

Certains chiens possèdent des plis de peau très marqués sur la face, ils peuvent être le siège d’irritation et d’infection (plis sous les yeux, le long des narines, plis des babines). Des soins locaux de désinfection et d’entretien doivent être mis en œuvre. Il peut également être proposé une chirurgie correctrice pour « effacer » ces plis.

Quels sont les risques de l’intervention chirurgicale ?

Les risques de la prise en charge de ces chiens qui souffrent de troubles respiratoires se situent essentiellement au niveau de l’anesthésie : apnée, suffocation, régurgitations pendant l’anesthésie, risques de fausse-route, réflexes cardiaques anormaux. Pour cela, les chiens peuvent recevoir avant l’intervention des calmants, des tranquillisants et des anti-vomitifs. L’anesthésie se pratique par voie gazeuse après intubation rapide. Encore une fois, il s’agit d’intervention qu’il faut confier à des équipes entraînées et possédant le matériel d’anesthésie et de réanimation nécessaire.

Dans une étude menée dans un hôpital vétérinaire de la région parisienne, le taux de mortalité chirurgical est de 3,3%, tendant à diminuer grâce à l’amélioration des techniques chirurgicales et de réanimation.

Quelles sont les suites opératoires ?

La chirurgie permet une bonne qualité de vie dans 90% des cas. Les complications de l’intervention chirurgicale sont le plus souvent mineures avec une gêne respiratoire ponctuelle, des saignements, des vomissements ou un défaut de cicatrisation. Dans de rares cas, le retrait des tissus a été insuffisant ou au contraire trop important. Les animaux rentrent généralement à la maison 24 à 48 h après l’intervention. Après l’intervention, les repas doivent être fractionnés et il faut préférer une alimentation humide temporairement. Des anti-inflammatoires sont proposés pour limiter la douleur et le gonflement des zones opérées. Le repos est conseillé pendant quelque temps.

Ce type d’intervention chirurgicale n’est pas pris en charge par toutes les assurances santé. Si vous souscrivez une assurance à l’adoption de votre chiot, prenez garde aux exclusions de garanties.

Ces anomalies morphologiques étant génétiques, il est déconseillé de faire reproduire un animal qui a nécessité des soins chirurgicaux de correction du syndrome brachycéphale.

A l’adoption nous conseillons de ne pas choisir des chiens trop typés qui dès lors se feraient remarquer par des ronflements importants, il est possible de demander à voir les parents pour constater leur morphologie.

Certaines compagnies aériennes refusent de prendre en charge en soute les chiens de race brachycéphale, ayant constaté un taux de mortalité au cours des voyages élevés chez ces chiens. D’autres compagnies demandent un certificat d’aptitude rédigé par un vétérinaire.